David DALLOIS

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Le 14 février 2011

Intervention en séance le 14 février 2011

M. DALLOIS – Merci M. le président.

Dans le cadre de ce débat, vous avez remis un rapport de 72 pages intitulé "Préparation budgétaire et stratégie financière".
Encore une fois, est-il besoin de rappeler que je ne nie pas les difficultés actuelles pour gérer "le" ou "les" départements ?
Le rapporteur a pris le soin d'émettre de fortes réserves sur le choix fait par le gouvernement en termes d'austérité fiscale, selon ses propres termes. Mais, lorsqu'on a des difficultés pour gérer un département, il me semble qu'on est peut-être assez mal placé pour critiquer la gestion d'un État quel qu'il soit, surtout que ledit État n'a pas été épargné, comme tous les États du monde, par une grave crise économique ces dernières années.

Puisqu'il faut mettre un "nom" sur les choses, appeler un chat un chat, répétons-le : depuis 1978, aucun gouvernement quelle que soit sa tendance n'a su équilibrer le budget, ce qui nous a conduits à connaître la situation d'une dette publique qui avoisine les 1 600 milliards.
Alors certes la droite n'a pas su endiguer cette croissance de la dette publique, mais faut-il rappeler que jusqu'à plus ample informé, la gauche n'a pas fait mieux.
Qu'a-t-elle fait lors des périodes de croissance économique entre 1988 et 1991 ?
Qu'a-t-elle fait entre la période 1997-2000 ? C'est-à-dire au cours de deux grandes périodes de forte croissance économique ?
A-t-elle désendetté l'État ? Non, bien au contraire. Alors de grâce, concentrons-nous sur la gestion du département.

Et justement à ce titre, il est frappant de constater qu'a contrario des propos tenus par M. Galut, 64 départements ont déjà voté leur budget. Et il semblerait étonnant que ces départements ne se débattent pas eux-mêmes dans les mêmes difficultés que le département du Cher.

Vous vouliez parler de chiffres, prenons-en un : page 49, il est écrit explicitement : "Il est important de rappeler que le déficit prévisionnel de la section de fonctionnement est évalué à 11,6 M€ pour 2011." C'est certainement vrai. Alors excusez-moi d'insister sur les propos que j'ai déjà tenus, mais je vais vous répéter ce que je vous ai dit sur la croissance des charges de personnel, et je vais reprendre les charges de personnel de l'Indre en masse : c'est 42 M€. Et si on divise les 42 M€ par la population de l'Indre, on obtient des charges de personnel de 180 € par habitant. Si on multiplie ces 180 € par la population du Cher, on obtient une somme de 57 millions. Si on compare cette somme aux 69 M€, cela représente une différence de 12 M€.

Au final, et si la majorité avait été un tout petit peu plus prudente, peut-être n'aurions-nous pas les difficultés que nous rencontrons actuellement, ou plus exactement pour être honnête, nous aurions certes des difficultés, c'est indéniable, mais elles ne seraient probablement pas du même ordre.

Vous évoquez ensuite la dette. Bien naturellement, il existe selon une certaine analyse la mauvaise dette qui est celle de s'endetter pour le fonctionnement. Et il y a la bonne dette, celle de s'endetter pour l'investissement. Le seul problème pour le département du Cher est que nous sommes un département qui est très endetté ou plus exactement plus endetté que les autres et pour l'avenir, il faudra tenir compte de ce paramètre, que cela plaise ou non et quelle que soit la majorité qui sortira des urnes fin mars.

Au niveau des grandes orientations, je suis désolé de le dire, mais bien que vous l'affirmiez, je ne vois guère en quoi les orientations budgétaires, à ce stade, sont ambitieuses car en termes d'ambition, je ne vois rien, ou si peu en termes d'économie, de tourisme, qui permettraient d'aller de l'avant.
Les actions évoquées dans ledit rapport sont celles qui existent aujourd'hui, et vous vous contentez de les poursuivre.

Même si ce n'est pas évident, il eût été peut-être préférable d'avoir une vision relativement précise des projets plutôt qu'une vue générale, une liste exhaustive plutôt que de vagues intentions.
En outre, toujours dans le même rapport et comparé à l'an passé, car l'an passé nous avions encore quelques chiffres sur les grandes tendances du budget primitif, et nous pouvions avoir un aperçu des actions à venir du Conseil général. Cette année il n'y en a pas ou très peu. J'ai noté la rationalisation des dépenses sur deux postes anecdotiques, la carte des achats et les frais de réception. Vous me permettrez de penser que c'est un peu court.
Par ailleurs, on attendait dans ce document d'orientations budgétaires quelques mesures "phare", des mesures précises en termes d'emploi, puisque l'emploi, que ce soit au niveau État, ou au niveau Région, Département ou même au niveau d'une commune, c'est tout de même une priorité.

Enfin en guise de conclusion, force est de constater que nous demeurons dans l'expectative la plus totale dans le cadre de ces orientations budgétaires, la seule perspective qui se profile à mots couverts est celle d'une augmentation des impôts. Pour le pouvoir d'achat, et donc en termes social, vous conviendrez qu'il existe mieux. Merci.

Publié le mercredi 13 avril 2011 par David Dallois