David DALLOIS

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Le 11 avril 2011

Intervention en séance le 11 avril 2011

M. le Président – Merci M. Méreau. M. Dallois, c'est à vous.

M. DALLOIS – Merci M. le Président.
Quelques réflexions sur votre budget et avant cela, deux petits rappels car il me semble que certains membres de la majorité ont la mémoire un peu courte. Notre collègue Jean-Pierre Charles a rappelé le passé judiciaire de M. Tapie, mais on peut aussi rappeler son passé politique. Bernard Tapie fut envoyé par le président Mitterrand à Marseille aux législatives en 1988, avant de devenir ministre. Si M. Tapie a fait une belle carrière politique, il le doit d'abord et avant tout à la gauche en France et pas à la droite. Voilà la vérité.

L'autre point, par rapport aux propos de notre collègue Méreau, certes nous sommes constamment en déficit public en France depuis 2002, mais aussi depuis exactement 1980 et pour autant que je sache, il n'y a pas que la droite qui a été aux affaires, il y a eu également la gauche, et comme je l'ai dit et répété plusieurs fois dans cette enceinte, la dette publique n'a pas de couleur politique, elle est nationale et il faudra tôt ou tard commencer à la rembourser.

Sur le budget qui nous est proposé : vous l'avez qualifié de budget de résistance, budget d'exaspération. On pourrait aussi craindre que ce soit aussi le contribuable qui soit exaspéré. Alors autant le reconnaître, vous ne proposez pas, au moins pour cette année, une augmentation de la fiscalité. Donc, il n'y aura pas d'exaspération cette année.

Néanmoins, vous faites dans le cadre de ce budget, assaut de témérité car vous inscrivez un peu rapidement semble-t-il 15 M€ de recettes, pour des prestations compensées dont rien n'indique que l'État versera ces dites compensations.

Alors quid si l'État ne le faisait pas ? C'est dire que le budget ne serait donc pas équilibré.

Et puis deux autres points chiffrés, l'encours de la dette ne cesse d'augmenter puisque nous sommes aujourd'hui à plus de 200 M€ et je constate une chose qui est que cette dette, en 10 ans, a doublé.

Je constate également que la capacité d'autofinancement stagne puisqu'elle sera cette année de 10 M€ et ceci est à prendre en considération dans le cadre de la politique que vous souhaitez mener, dans les propos que vous avez présentés dans votre discours d'intronisation il y a quelques jours sur votre projet Cher 2021. Comment financerez-vous vos projets ?

Ensuite, ce budget est marqué par l'absence de réflexions et de pistes, voire même de pistes de réflexion, et encore plus d'actions sur l'attractivité du territoire comme l'a bien souligné Franck Thomas-Richard.

Dans vos propos M. le Président, vous souhaitiez que l'on parle en euros constants. Je vais donc vous donner des chiffres en euros constants, ceux alloués à l'économie, 15 millions en 2003, 4,5 en 2010. Est-ce ainsi que vous souhaitez développer l'économie, car avant même que vous nous précisiez les projets et les pistes que vous soumettrez à l'assemblée dans les mois qui viennent, encore faudrait-il prévoir en amont les recettes. Sinon, tout ceci ne sera que cautère sur jambe de bois.

Enfin, et Franck Thomas-Richard l'a aussi signalé, on peut dans le cadre de ce budget être assez dubitatif sur la politique envisagée, pour développer nos infrastructures routières et numériques puisque celles-ci conditionneront qu'on le veuille ou non, quel que soit notre rang ou notre place dans cette enceinte, le développement de notre territoire.

Justement sur l'aménagement du territoire, vous précisez dans le rapport que le département poursuivra en 2011 son intervention volontariste. J'en prends acte et je le souhaite sincèrement en qualité de maire de commune rurale.

Alors certes sur ce point, les contrats d'opération que vous avez initiés il y a quelques années, sont des outils efficaces et permettent réellement aux communes rurales de porter et d'initier des projets structurants.

Je comprends tout à fait qu'en période de disette, en période de difficulté, le département ne puisse pas tout financer, cela semble frappé du bon sens. Qu'il y ait même un certain nombre de choix, de priorités données aux investissements des communes, cela semble tout aussi réaliste.

À ce titre, en tant que telle la contractualisation ne me choque pas mais en revanche, j'émets de fortes réserves sur les critères de mise en œuvre des aides aux communes, c'est-à-dire les deux critères que vous proposez dans le rapport, l'appréciation de la notion de commune partenaire, et la richesse du territoire.

Sur ces points, dans les séances à venir ou lors des travaux dans les commissions, j'aimerais au nom des maires du canton de la Chapelle d'Angillon, que nous ayons quelques précisions sur le sujet.

Et puis enfin, je suis demandeur de précisions techniques, aujourd'hui ou plus tard, sur l'offre d'ingénierie territoriale que vous évoquez dans le rapport. Je vous remercie.

(Applaudissements).

M. le Président – Merci M. Dallois. M. Pointereau.

Publié le mercredi 6 juillet 2011 par David Dallois