David DALLOIS

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Le 12 décembre 2011

Intervention en séance le 12 décembre 2011

M. le président - Merci, M. BEUCHON. On voit qu’à l’occasion des différentes sainte-barbe auxquelles vous avez participé, vous avez pu rôder vos propos. Mais c’est un compliment et surtout pas un reproche. Bien. Alors, je vais donner maintenant la parole à M. DALLOIS puis, à Mme FÉLIX.

M. DALLOIS - Oui, merci, M. le président. Des prévisions, orientations budgétaires, dans un contexte difficile, dans un contexte inquiétant, dans un contexte largement prévisible mais certainement pas dans un contexte voulu.

D’abord, le rapport que vous nous proposez contient, me semble-t-il, dans ses premières pages, un certain nombre de contre-sens. Notamment, quand il est écrit qu’une crise est alimentée par les marchés financiers. Cette crise, elle est probablement surtout signalée par les marchés financiers. Depuis 2008, nous avons constaté, nous avons subi une crise bancaire, qui s’est muée en crise boursière, qui s’est transformée en une crise économique. Pour juguler la crise économique, les États ont injecté de l’argent, de l’argent qu’il n’avaient pas. Aujourd’hui, nous connaissons la crise des dettes souveraines mais au-delà de ça, depuis des décennies, quels que soient les gouvernements, je l’ai dit et je l’ai répété dans cette enceinte, les États, de manière générale et notamment l’État Français, cet État a dépensé plus que ce qu’il n’a perçu. Surtout, l’État, il a emprunté davantage que ses propres capacités de remboursement.

Par ailleurs, je lis, alors, ça n’a peut-être pas de gros impacts pour la gestion du département, mais ça mérite d’être souligné, j’ai l’impression que le rédacteur du rapport est nostalgique de l’époque anté-1974, à l’époque où les États pouvaient emprunter à eux-mêmes avec leurs propres banques. Alors, c’est oublier qu’en 1974, la France n’était pas endettée. Dans un contexte d’endettement récurrent comme le nôtre, vouloir revenir à ce système-là, ça reviendrait à avoir une inflation à deux chiffres puis, à une dévaluation. Alors, une forte inflation, je ne pense pas que ce soit très social pour les personnes les plus nécessiteuses, et puis une dévaluation, c’est tout simplement interdit dans un contexte de monnaie unique.

Alors maintenant, pour les affaires du Département, M. le président a mis en œuvre le sérieux de la gestion - alors, ce n’est pas à moi et je ne me permettrais pas de contester les propos de M. le président - mais je veux simplement rappeler deux chiffres que l’on vous a dits et répétés. Les faits sont têtus, M. le président. La dette dans le département du Cher, c’est 646 € par habitant. 646 €, et dans l’Indre, c’est 4,33 € et dans le Loiret, 273 €. C’est un fait. Les dépenses de personnel, toujours dans le département de l’Indre, certes, moins peuplé, mais il y a quand même un écart de 27 millions d’euros. Avec ces 27 millions d’euros, nous pourrions faire autre chose. Alors, on ne serait pas forcément d’accord sur la destination de cette somme, mais à mon avis, dans le contexte actuel, elle nous ferait du bien.

Ensuite, de manière générale sur ces orientations qui, à vrai dire, sont assez floues. Cela étant, vu le contexte, je ne vous en blâme pas, il y a les aspects sociaux, à défaut d’avoir une véritable refondation de la protection sociale, comme l’a dit Mme FÉLIX, ce sont des dépenses contraintes. Personnellement, je n’y vois pas à redire. Après, Mme FÉLIX a mis en avant le fait que la compétence économique était du ressort des communautés de communes mais également des régions.

Alors, je pense (et surtout après les débats que nous avons eus sur le schéma régional), que vous seriez bien inspirés de déterminer avec la région, qui fait quoi en termes d’entreprises et qui fait quoi pour les entreprises parce que la France, de manière générale, souffre d’un déficit d’entreprises. Il y avait, avant la crise, un million d’entreprises en moins par rapport à la Grande-Bretagne. Puis, surtout, le gros problème français, et dans le Cher, on n’y échappe pas, c’est que les entreprises ne croissent pas. Quand elles survivent, elles stagnent. Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, mais ce sont les entreprises le moteur de la croissance. Ce sont elles et elles seules qui sortiront les personnes de la paupérisation. J’aimerais bien avoir, et je ne vous fais pas les seuls responsables de cette politique, mais avoir davantage de lisibilité parce que la compétence économique a perdu, d’année en année, en termes de budget.

Autre point sur lequel nous serions bien inspirés de songer : aux personnes qui sont sans emploi. Nous savons tous que la législation fait, et M. GALUT, maître GALUT le sait mieux que moi, que les malheureux qui sont licenciés en dehors d’un plan de sauvegarde pour l’emploi sont livrés à eux-mêmes avec Pôle Emploi qui n’a pas les moyens d’assumer correctement ses missions et ce n’est pas parce que l’État n’est pas de la couleur politique qui est la vôtre que ça résout, en quelque sorte, le problème. Le problème existe quels que soient les responsables. Donc, nous serions bien inspirés, dans le département du Cher, à réfléchir : comment orienter, en termes de formation, ceux qui ont perdu leur emploi parce que ce problème, en fin 2011, existe ? J’ai bien peur qu’il ne fasse que prospérer dans l’année 2012.

Merci.

Publié le jeudi 9 février 2012 par David Dallois