David DALLOIS

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Intervention du 4 février 2013 devant l’Assemblée Départementale du Conseil Général du Cher.

la-bourse-est-vide Sans attendre la rédaction puis l'approbation des débats de la dernière session de l'Assemblée Départementale, permettez-moi de vous présenter le texte de mon intervention du 4 février 2013.

La session était particulièrement consacrée au Budget 2013.

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Nous sommes réunis, aujourd’hui, pour débattre du budget 2013. Budget qui s’inscrit, nul ne le nie aujourd’hui, dans un contexte de crise aiguë. Permettez-moi de vous livrer quelques propos concernant d’une part le contexte national, et d’autre part la situation locale.

I - Sur le contexte national

Si personne – depuis août 2012 - ne nie plus que nous sommes en crise, peu ont la lucidité d’en déceler les vraies causes et surtout d’en tirer les conclusions qui s’imposent. J’en veux pour exemple, les positions développées par notre collègue Jean-Michel Guérineau dans cette enceinte le 15 octobre dernier.

1ère citation :

« Les responsable de la crise, ce sont ces milliards qui valsent de place en place, qui spéculent, qui ne vont pas à l’économie réelle, qui ne vont pas vers la production, qui ne vont vers les petits entrepreneurs qui, eux, travaillent, mais qui vont dans les grands groupes, de bourse en bourse, de place en place, et qui spéculent sur le dos des travailleurs ».

2ème citation :

« Si on avait la possibilité que la Banque Centrale Européenne reconsidère ces dettes, comme elle le fait pour les banques privées, avec un prêt à l’Etat français à hauteur de 1 %, on gagnerait aujourd’hui ¾ sur ces 51 milliards de dettes, c'est-à-dire que l’on gagnerait les 37/38 milliards pour se diriger vers les objectifs fixés ».

Or, il ne fait pas de doute que la France qui n’a jamais équilibré son budget (celui de l’Etat) depuis plus de 35 ans, est sur la même trajectoire que celle qui a emporté la Grèce et qui menace d’emporter l’Espagne et l’Italie.

En d’autres termes, la France n’échappera pas à une débâcle financière si elle ne réforme pas EN PROFONDEUR son modèle économique et social.

Or, il ne fait pas de doute non plus, que si certains continuent de taper matin, midi et soir sur les « grands groupes », nous finirons inéluctablement dans un pays de misère.

Oui, il est erroné d’asséner que les sociétés du Cac 40 ne paient pas d’impôt.

En 2011, les groupes du Cac 40 ont versé :

  • 40 milliards d’euros d’impôt à l’Etat
  • contre 36 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires

Comment appelle t’on la politique économique d’un Etat dans lequel celui-ci perçoit davantage que ses propriétaires ? Et bien une telle politique s’apparente de très près à une politique socialiste.

Certes, il est indéniable que de nombreux salariés sont pris dans un tourbillon de suppressions d’emplois, que de nombreux artisans, commerçants vont connaître une année extrêmement difficile avec à la clé la perte de leur entreprise.

Mais, ce n’est pas en désignant à la vindicte populaire, les quelques grosses sociétés qui réussissent que nous améliorons la situation des plus malheureux.

Il faut voir la réalité en face, le mal Français provient :
==> Du surendettement de sa sphère publique (1 800 milliards d’euros) ;
==> Du manque de compétitivité de son économie privée.


II - Sur la situation locale

Votre document qui nous est remis qualifie le budget 2013 de prudent, responsable et durable . J’en prends acte.

Ce même document mentionne en page 13 nous poursuivrons la recherche d’économie dans nos méthodes internes de gestion . J’en prends également acte.

Il est vrai que depuis trois exercices, vous avez tenté de contenir la progression de charges de personnel. Il est également vrai que, de toute façon, la gestion des départements, avec des recettes dépendant de l’Etat à 60 %, est un exercice délicat.

Cependant, Monsieur le Président, mes chers collègues, pour vous dire les choses très franchement, nous aimerions être davantage entendus. Car,

  1. Combien de fois, avons-nous mis en lumière l’accroissement inquiétant de l’encours de la dette [départementale] (+ 80 % entre 2004 et 2012) ?
  2. Combien de fois vous a-t-on averti que l’augmentation importante des impôts locaux irait à l’encontre de l’attractivité de notre territoire (et de son dynamisme) et du pouvoir d’achat de ses habitants ?
  3. Combien de fois a-t-on pointé que l’augmentation massive des charges de personnel (+ 35 millions d’euros entre 2005 et 2012) finirait par obérer notre capacité d’autofinancement ?
  4. Combien de fois a-t-on soutenu qu’au-delà de ses interventions dans le domaine social, le Conseil Général devait apporter des réponses concrètes (seul ou en partenariat avec les autres collectivités) au développement économique ?

Chaque Conseiller Général de cette assemblée a reçu copie de la lettre datée du 28 novembre 2012 envoyée par la CFDT.

Sans vouloir instrumentaliser cette organisation syndicale, force est de constater ce qui est écrit dans cette lettre :

« Il nous semble que la dimension économique, bien qu’abordée transversalement, n’est pas suffisamment affirmée… Pour tout dire, nous avons quelques peu le sentiment de tourner en rond ».


Pour finir, trois conclusions émergent :
  1. D’abord, nous devrons faire avec un Etat qui non seulement gèle les dotations aux collectivités (comme avec Mr Nicolas Sarkozy), mais prévoit de les baisser (avec Mr Hollande).
  2. Ensuite, indiscutablement, cette collectivité devra faire des choix. Et des choix qui peuvent bousculer les a priori idéologiques.
  3. Enfin, comme le souligne la CFDT dans sa lettre, comme nous vous le demandons depuis des années, comme d’autres départements l’on réussit, parfois, avec brio : Le développement économique doit devenir une priorité. Lui seul permet de créer de véritables emplois, et le plein emploi sera toujours la meilleure politique sociale qui soit !

Je vous remercie de votre attention.

Commentaires

1. Le mardi 12 février 2013, 16:38 par klitmetrot

bien vu ,mais difficile de faire comprendre ces arguments à des électeurs qu'on a habitué a la facilité et à l assistanat on a les politiques qu'on mérite qui ont les politiciens qu'ils subissent bon courage !!