David DALLOIS

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Valls libéral ou valse Chinoise ?

valse chinoise La perte du Sénat le 28 septembre, clôture pour François Hollande et Manuel Valls une rentrée calamiteuse.
Au commande depuis 28 mois, la gauche, écartelée entre une aile réformiste et une aile radicale, a conduit la France au bord du dépôt de bilan.
Le dernier vote de confiance, accordé du bout des lèvres, traduit la précarité d'un gouvernement fragilisé par ses erreurs (I) et par ses frondeurs hostiles à une prétendue orientation vers le libéralisme (II).


I – Les erreurs depuis juillet 2012 :

Tout le monde en convient aujourd'hui : la Présidentielle et les législatives de 2012 avaient fait l'impasse sur les sujets de fonds. A l'exception notable des 70 candidats libéraux, tous avaient communié dans le culte de la dépense publique. Les professions de foi de l'époque l'attestent.

Certes, il faut reconnaître que la situation n'était guère reluisante au début de l'année 2012 (Cf. Clap de fin). Pour autant, le "nouveau" pouvoir a subit un triple échec sur la croissance, le chômage et les déficits. Les voyants sont désespérément au rouge :

  • Une croissance économique quasi-nulle.
  • Une dette publique hors de contrôle : 2000 milliards de dettes.
  • Un déficit public de 4,4 % qui plombe les comptes de la France.
  • Un choc fiscal de 65 milliards d'euros siphonnés aux contribuables.
  • Un chômage au plus haut : 5 084 millions de personnes.

Qu'on le veuille ou non, François Hollande et ses troupes ont refusé de s'attaquer frontalement aux maux dont souffre le pays : le surendettement public et le manque de compétitivité des entreprises.

Les quelques mesures de bon sens (loi de sécurisation sur l'emploi, pacte de responsabilité) furent paralysées par les gages donnés aux turbulents alliés écologistes et communistes (Loi Duflot, etc).

Voilà où ont conduit ces 2 années de zigzag et de confusion. Voilà où nous ont conduit le refus d'adapter la France au monde d'aujourd'hui.

II - Le gouvernement Valls 2 est-il libéral ?

La nomination de M Emmanuel Macron comme ministre de l'économie laisse espérer un revirement de situation. Ce dernier a la réputation d'être [plus] libéral.

Pour beaucoup d'observateurs, cette nomination signifie un infléchissement de la politique française vers la social-démocratie et l'abandon des utopies dirigistes (dont la droite Française est aussi imprégnée).

Mais comme le rappelle Jacques Garello :

d'une part la social-démocratie n'est pas libérale, puisqu'elle fait une large place au dirigisme et à la redistribution, ce qui n'est pas dans la doctrine libérale ...
... d'autre part, le libéralisme ne se ramène pas à la liberté économique, il a une dimension politique et éthique qui lui donne sa vertu. Il est limitation du pouvoir politique et garantie des droits individuels, dont le droit de propriété, il est conforme à la nature de l'être humain, à sa capacité créatrice, et à sa volonté de vivre en harmonie avec les autres.

En outre, force est de constater que les velléités réformatrices restent pour l'instant au niveau des mots et le cap du gouvernement demeure incertain :

  1. Va-t'il enfin libérer les entrepreneurs des carcans réglementaires et administratifs ?
  2. Va t'il enfin favoriser l'épargne et l'investissement qui sont indispensables au décollage de notre économie ?
  3. Va t'il enfin investir dans l'enseignement supérieur qui conditionne notre avenir dans une économie moderne de la connaissance ?
  4. Va-t'il enfin supprimer la durée légale du travail ?
  5. Va-t'il enfin supprimer l'encadrement des loyers et la promotion à outrance des logements sociaux ?

Un exemple parmi d’autres : A quoi rime la dernière usine à gaz censée baisser les impôts ? Disons pour une énième fois de nouveau les choses :

Personne ne peut réduire les impôts sans réduire les dépenses, et pour réduire les dépenses, il faut réduire la taille de l'Etat. Ce dernier doit se concentrer sur ses missions régaliennes (défense, police, justice, diplomatie).

Aurélien Véron (Président du Parti Libéral Démocrate - http://www.partiliberaldemocrate.fr) le précise dans la Tribune du 16 juillet 2014 l’État a pour mission de protéger les droits et libertés des citoyens et non de leur dicter comment ils doivent vivre.

Toute réforme qui s'écarte de cette ligne n’est pas « libérale » mais « Chinoise ».

Conclusions :

Sur le plan politique, trois conclusions émergent :

1) Malgré l'éviction de Mr Montebourg, qui était inéluctable vu l'irresponsabilité de ses propos, le pouvoir Socialiste n'assume toujours pas la rupture avec la démagogie de la campagne de 2012. Le salut de Messieurs Hollande et Valls est de dire la vérité sur la débâcle des deux premières années du mandat et de mettre en cohérence les mots et les actes. En ont-ils la volonté et en ont-ils encore la possibilité ? Rien n'est moins sûr...

2) Le Front National campe désormais sur des positions économiques socialisantes. Vu l'antilibéralisme régnant en France, ce parti a une marge de progression encore importante et peut envisager sérieusement d'être en tête au 1er tour en 2017.

3) L'Opposition n'a ni leader (au moins pour l'instant) ni, et c'est beaucoup plus grave, projet.

A la Présidentielle de 2017, la droite et le centre ne devront pas imiter la gauche qui avait quasi-exclusivement fait une campagne contre un homme : Nicolas Sarkozy. Cela implique, d’éviter une misérable guerre des chefs et de proposer une méthode crédible de redressement pour décliner et assumer ENFIN les idées libérales.

Commentaires

1. Le samedi 4 octobre 2014, 07:59 par pierre

Revenir aux idées simple de la vie, cesser de favoriser ce système excessif de libéralisme, car pendant ce temps les dangers périphériques s'activent. Relisez le petit livre bleu de Jobert et appliqué le.
Beaucoup font de grande déclaration mais oublis d'appliquer à eux même ce qu'ils préconisent pour les autres.

2. Le mardi 6 janvier 2015, 09:38 par Xavier Collet

Le gouvernement Valls n'est pas plus "libéral" que celui de son prédécesseur dont on a déjà oublié le nom. Une telle présentation est surtout celle des media dont on connaît le tropisme. Pour autant la situation économique nécessiterait plus de pragmatisme puisque le socialisme ne peut plus trouver dans nos poches les fonds nécessaires à ses délires idéologiques.

Un retour au principe de réalité est donc antinomique au socialisme.

Quant à l'anti-libéralisme dans l'opinion il n'est qu'une critique de la présentation qu'en font les media et l'école, les Français ont été intoxiqués à tel point qu'ils ne savent pas ce qu'est véritablement le libéralisme.

Il faut donc le pratiquer dans la société civile pour le faire comprendre, c'est d'ailleurs ce que nous faisons au CEDIF au nom du principe de subsidiarité, un concept qui passe certainement mieux car il n'a pas donné lieu encore aux attaques idéologiques des politiques