David DALLOIS

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Intervention du 12 janvier 2015 au Conseil Général

Monsieur le Président, Chers collègues,

Nous sommes réunis pour la dernière Assemblée Plénière de cette mandature. Dernière assemblée dans la configuration historique de nos cantons.

N'étant pas candidat titulaire (mais pleinement solidaire de mes amis Anne et Michel), je serai donc davantage libre de mes propos.

J'ai été élu en mars 2004. Cette élection correspondait également au changement de majorité.
Majorité toujours en place 11 ans après.
Cela me conduit à reprendre vos analyses nationales (I) et dresser le bilan de notre département (II).

I - Rappel sur le contexte général :

De 2004 à 2012, vous avez plus souvent qu'à votre tour critiqué les gouvernements en place, leurs choix et leurs arbitrages. En soit, il n'y a rien de bien dérangeant.

Ce qui l'est plus, à mes yeux, c'est l'obstination à ne pas admettre les règles de fonctionnement de l'économie. Il n'existe pas de trésor caché en France et au contraire nous allons manquer de capitaux. Lors de la dernière séance, Jean-Michel Guerineau a fait référence aux quelques super-riches présents sur le territoire Français. En lieu et place d'espérer un système susceptible de les ponctionner pour tenter de combler un puits sans fonds, il serait sans doute plus efficace (y compris pour les plus pauvres) de réfléchir aux modalités susceptibles d'orienter leur épargne vers l'investissement des entreprises privées qui seules créent les richesses et les vrais emplois.

Je l'ai dit et écrit, la situation n'était guère reluisante au début de l'année 2012 (Cf. Clap de fin). Pour autant, le pouvoir en place depuis les Présidentielles a subit un triple échec sur la croissance, le chômage et les déficits. Les voyants sont désespérément au rouge :

  1. La croissance économique est quasi-nulle.
  2. La dette publique est hors de contrôle : 2 200 milliards d'euros.
  3. Le chômage endémique frappe 5,5 millions de personnes.

Contrairement à ce qui est souvent avancé, ce constat inquiétant ne peut pas être imputé à une prétendue politique ultra-libérale. Cela relève du fantasme. Jugeons-en sur la base de 3 chiffres :

a) Les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations) représentent 46 % du PIB. 1 euro sur 2 est donc taxé ! Oui, 1 euro sur 2.
b) Plus de 400 000 normes sont en vigueur dans le pays.
c) 20 % des actifs sont fonctionnaires.

Et sur ces points, en 11 ans, la majorité départementale ne s'est jamais prononcée pour un changement en profondeur. Au contraire, elle a voté un nombre important de vœux qui avaient comme conséquences d'amplifier ce que je viens de souligner.

Bien sûr, en grande partie, la crise de 2007 fut provoquée par une politique monétaire instable et laxiste. C'est indéniable !

Bien sûr, certains employeurs fraudent la sécurité sociale. Du reste, il y a autant une crise morale qu'économique.

Pour autant, l'arbre ne doit pas cacher la forêt. L'immense majorité des entreprises ont aujourd'hui de trop faibles marges pour rester compétitives !

Enfin et surtout, il faut bien comprendre que nous ne subissons pas une "simple" crise ! Nous vivons en réalité une mutation vers une civilisation mondiale de la connaissance numérique. Il faut donc nous y adapter sous peine de courir au désastre.

La phrase contenue dans votre rapport une telle équation n'est pas toutefois équilibrée sur le long terme sans l'intervention de l'État me servira de transition.

II - La situation du département

Pour être juste, je dois reconnaître que nos débats sont beaucoup plus apaisés depuis que Jean-Pierre Saulnier est Président.

J'ai reconnu à bien des reprises que la situation n'était pas simple pour la majorité.
Mais, à mes yeux, celle-ci a commis 3 erreurs fondamentales.

1 - Les charges de personnel :

Le fonds du problème n'est pas de savoir si les agents font correctement leur travail. L'objectif n'est pas de stigmatiser telle ou telle catégorie.

Je vous avais mis en garde le 15 juin 2010 sur la progression démesurée des charges de personnel.

Si nous avions les mêmes dépenses de personnel rapportées au nombre d’habitants que l’Indre et le Loir et Cher (départements quasi-similaires au nôtre), nos charges seraient inférieures de 15 à 20 millions d’euros. Aujourd'hui, ces 15 à 20 millions d'euros nous font cruellement défaut pour aider les communes. Il me semble que ce serait une œuvre concrète de solidarité dont vous aviez, Mr Rafesthain, fait la pierre angulaire de votre alternance dans votre discours d'intronisation du 1er avril 2004.

Ces 15 à 20 millions pourraient aussi s'avérer précieux pour renforcer un autofinancement net tombé à 2,73 millions ... J'avais également le 15 juin 2010 déploré que l'autofinancement fût passé de 21 millions en 2005 à 9 millions en 2009. La chute a manifestement continué !

Ce sont là vos choix personnels, dont malheureusement, il ne sera pas évident d'en rattraper les conséquences.


2 - Les aides sociales :

Je veux maintenant revenir sur les propos d'Irène Félix le 8 décembre dernier sur l'assistanat (selon ses propres termes).
Que les choses soient claires :

  • OUI, les bénéficiaires du RSA sont davantage victimes que coupables !
  • OUI, il y a un grand problème de pouvoirs d'achats. La France des fins de mois difficiles n'est pas une illusion.
  • OUI, les chômeurs de longue durée, les personnes sans qualification, les exclus sont victimes. Victimes de politiques qui refusent d'admettre que la création de richesses est la meilleure ou la moins mauvaise politique sociale.

Déjà : Que peut-on se permettre de financer ? Partir de ses possibilités et non d'un a priori idéologique.

Soutenir une politique sociale par les augmentations d’impôts ou par l'emprunt n'a, à mes yeux, rien de bien social.

Ensuite, tout cela suggère une refondation intégrale de la protection sociale ... Secteur où une multitude d'acteurs intervient dans le désordre et où plus personne ne sait s'il est contributeur ou bénéficiaire. Désordre qui convenons-en ne responsabilise personne !!!!

Enfin, lorsque l'on parle social, il faudrait s'accorder sur l'objectif suivi :

  • Cherche-t-on à réduire les inégalités ? Dans ce cas, les augmentations d'impôts, de taxes et d'aides en tout genre ont un sens...mais ce n’est pas le mien.
  • OU cherche-t-on à réduire la pauvreté ? Dans ce cas, il faut actionner les leviers pour accroître la taille du gâteau, c'est à dire favoriser la création de richesse.
Malheureusement pour les habitants du Cher, ce ne fut pas le cas de votre majorité. Dont acte ...


3 - Des ondes négatives :

Même si les derniers mois ont laissé poindre un léger infléchissement, durant trop d'année :

  • La majorité a donné des signaux d'indifférences voir d'hostilité à l'égard de l'entrepreneuriat;
  • La majorité a refusé de se polariser sur quelques projets structurants et s'est plutôt dispersée en sous-poudrage ...

En 11 ans, aucune Assemblée Départementale ne fut consacrée à mettre à l'honneur des projets PRIVES réussis. Quand bien même ceux-ci auraient été conduits par des personnes « en difficulté », des jeunes ou des anciens en reconversion.

Avant la vraie-fausse réforme des collectivités, nous vous avions remis un cahier d'acteur sur l'économie.
Son approche se voulait systémique et non par touches homéopathiques ...
Malheureusement, cette approche n'a été que très partiellement reprise ...

Dans les semaines qui viennent, l’organisation d’élections, sans avoir déterminé au préalable les compétences et la fiscalité du Conseil Général, est elle de nature à favoriser le redressement de la situation ? Permettez moi d’en douter !

Je terminerai par une remarque à l'égard de Mr Rafesthain :
Vous avez indiqué le 8 décembre dernier « la misère du monde, moi elle me concerne et je n'en rougis pas ». C'est votre droit mais je vous suggère de l'exercer avec votre argent et non avec celui des autres ...